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L'Oncogénétique
Structures transversales

Qu’est ce que l’oncogénétique ?

L’oncogénétique est la prise en charge personnalisée médicale et diagnostique des patients et de leur famille à présentant un risque héréditaire monogénique (ou lié à un gène muté à forte pénétrance) ou familial de cancers (et/ou) tumeurs.

Le risque héréditaire de cancer est présent dans environ 5 à 10%, le risque familial dans environ 25 à 30% de tous les types de cancers.

C’est une discipline nouvelle de la médecine créée en France en 1988 à Clermont-Ferrand. L’école clermontoise d’oncogénétique c’est plus de 350 stagiaires formés provenant de 22 pays dans le monde.

Le département d’oncogénétique du Centre Jean Perrin reste l’unique structure en région d’Auvergne et prend en charge des familles de toute la France et de nombreux pays partenaires (Europe de l’Est et Afrique du Nord en particulier).

 

Pourquoi l’oncogénétique ?

◊ L’incidence annuelle des cancers augmente dans tous les pays du monde. Cela est dû à plusieurs causes principales :

o        Information du public qui consulte plus souvent les médecins

o        Vieillissement de la population

o        Augmentation de la population

o        accroissement des facteurs de risques
 

Les facteurs de risques de cancers sont multiples, mais en général de faible valeur prédictive positive, à l’exception des facteurs de risque héréditaires. Le risque cumulé sur la vie de faire un cancer, quand on a hérité d’un gène de prédisposition héréditaire est souvent de 70-80% et multiplié par 10 par rapport à la population générale pour les cancers fréquents, voire par plus de 100 ou plus par rapport à la population générale pour les cancers rares. Parmi tous les facteurs de risque de cancer, la prédisposition héréditaire est le seul facteur de risque à atteindre le seuil de valeur prédictive positive et négative qui permette une prise en charge médicale en oncogénétique.

en déterminant un groupe d’individus à hauts risques de cancers, des moyens performants et innovants de dépistage et de prévention pourront par contre, être mis en place.


Cette nouvelle activité médicale d’oncogénétique s’est développée en France dans le début des années 90 avec la découverte des gènes majeurs de prédispositions aux cancers (comme les gènes BRCA1/BRCA2, MMR respectivement impliqués dans les risques de cancer du sein et du côlon). Son efficacité a été demontrée depuis plus de 5 ans en termes d’incidence de cancers et de pronostic principalement pour les patients atteints de caner du sein, des ovaires et du côlon. L’oncogénétique a démontré qu’elle permettait de sauver des vies !

 

Quand demander l’avis d’un oncogénéticien ?

Rien ne distingue formellement un cancer héréditaire d’un cancer sporadique sur le plan clinique. C’est donc un faisceau d’éléments cliniques qui permettra de suspecter le risque héréditaire. Parce que les mutations germinales délétères sont rares dans la population générale (<1%) l’histoire familiale est le meilleur moyen d’identifier les porteurs de mutations dans les gènes à risque héréditaire de cancer


situation commune :

o      présence de 3 cas ou plus de cancers dans une branche familiale paternelle ou maternelle

o      1 ou a fortiori 2 cas de cancers déclarés chez des sujets inhabituellement jeunes

o      1 malade développant plusieurs cancers différents au cours de sa vie (du même organe ou d’organes différents)


cas particuliers :

o      cancer du sein chez une femme de moins de 35 ans

o      cancer du sein chez un homme

o      cancer médullaire ou basal-like ou triple négatif du sein

o      cancer de l’ovaire chez une femme de moins de 60-70 ans

o      cancer du côlon chez un individu de moins de 40 ans

o      polypose digestive

o      cancer médullaire de la thyroïde

o      paragangliomes

o      cortico-surrénalomes malins

o      cancer associé à un syndrome malformatif

o      cancer chez un jumeau monozygote

o      hémangioblastome

o      deux cancers rares dans une branche familiale

o      cancer isolé du sujet jeune dans une petite famille ou de famille inconnue

o      maladie héréditaire connue présentant un risque de cancer (Cowden, Werner, Birt-Hogg-Dube, Bloom, Fanconi, Neurofibromatose de type 1, Ataxie Télangiectasie …)

 

Présentation du département d’oncogénétique du Centre Jean Perrin

1-  La consultation d’oncogénétique

Dotée par l’Institut National du Cancer (INCa) depuis 2003, renforcée en 2010.
Après une rencontre avec une conseillère en génétique, le médecin oncogénéticien reçoit le ou les consultants pour évaluer, en fonction de l’histoire familiale, si un risque héréditaire peut être suspecté ou non. Si le risque héréditaire est retenu, des prélèvements (sang et frottis jugal) sont effectués et des mesures de prise en charge médicale (dépistage adapté, prévention dans certains cas) sont proposées. Un psychologue clinicien est à la disposition des personnes qui le souhaitent. Aucun frais pour les tests génétiques moléculaires n’est à la charge des familles.

2-  Le laboratoire de Diagnostic Génétique Et Moléculaire

Créé et agréé depuis 2001 (Agréments par arrêté préfectoral de la région Auvergne n°2001/58, renouvelé en 2008 n°2008/54, n° AFSSAPS 7048J, n°EUGT 7650), il est un des 25 laboratoires français dotés par l’Institut National du Cancer (INCa) depuis 2002, renforcé en 2005 et en 2010.
Ce laboratoire est dévolu au diagnostic génétique moléculaire en oncogénétique, permet les diagnostics des risques héréditaires de cancers digestifs (estomac, intestin grêle, côlon) et de cancers gynécologiques (sein, ovaires, utérus). Il est laboratoire référent européen de certains syndromes rares à risques de cancers (maladie de Werner en particulier).

3-  La plate-forme « GINA » (Génotypage Intensif en Auvergne)

Intégrée à la plate-forme GENTYANE commune avec l’INRA (site de Crouelle), elle est labellisée IBISA depuis 2009 et membre du réseau NGS IBISA-ReNaBi. Cette plate-forme dispose d’équipement de pointe dans le séquençage de matériels génétiques et est largement ouvertes aux projets de recherche d’équipes extérieures au Centre Jean Perrin. Elle dispose d’un « Genome Sequencer FLX Titanium » de Roche permettant par « run » la lecture de la séquence de 500 millions de nucléotides en 2 à 16 régions physiquement séparées (multiplexables éventuellement, autorisant ainsi 192 échantillons par run). La plate-forme est environnée de plusieurs robots de pipetage, d’outils de qualification et quantification des acides nucléique, et d’outils bio-informatiques spécifiques dédiés.

4-   Le laboratoire d’oncologie moléculaire (LOM) : au sein de l’équipe EA 4677 ERTICA le laboratoire de recherche orienté vers l’identification de nouveaux facteurs de risques génétiques de cancer du sein (en particulier les cancers triple-négatifs sans surexpression de l’oncogène HER2, sans expression des récepteurs hormonaux aux œstrogènes et à la progestérone) et de leur interaction avec les facteurs acquis de cancers du sein.

5-  La tumorothèque/biothèque

Dotée par l’Institut National du Cancer (INCa) depuis 2003. Autorisée par l’Agence de la Biomédecine pour l'activité de conservation et de préparation d'éléments du corps humain en vue de leur cession pour un usage scientifique, N° de dossier AC-2008-112 accepté le 27 décembre 2008.
Déclarée à l’Agence de la Biomédecine comme organisme assurant pour les besoins de ses propres programmes de recherche la conservation et la préparation de tissu et cellules issus du corps humain et de leurs dérivés, des organes, du sang, de ses composants eu de ses produits dérivés, y compris la constitution et l'utilisation de collections d'échantillons biologiques humains, N° de dossier : DC-2008-339 accepté le 25/08/2009.

 

L’oncogénétique du Centre Jean Perrin en quelques chiffres

4 600 familles sont répertoriées dans notre base de données, représentant environ 130 000 personnes à risque familial de cancer (dont 60 000 à risque familial de cancer du sein et 16 000 à risque familial de cancers digestifs). C’est  une des plus grandes bases de données de France de familles de cancers ; 10.000 consultations ont été réalisées.

Notre activité rapportée à 100 000 habitants de consultation d’oncogénétique globalement, comme dans les maladies familiales digestives ou les risques familiaux de cancers du sein/ovaires est la première de France depuis 2 ans, grâce au réseau que nous avons mis en place entre les gastro-entérologues, oncologues, gynécologues, sénologues et chirurgiens principalement.

13.000 prélèvements d’ADN de personnes différentes sont répertoriés dans la biothèque.

Un peu plus de 600 familles avec mutations germinales identifiées pour lesquelles un conseil génétique a pu être proposé.

Clermont-Ferrand a été pionnier de l’oncogénétique en France en 1988, et parmi les tout premiers en Europe et dans le monde. Nous avons formé plus de 350 personnes médecins et scientifiques de 22 pays différents.

230 publications internationales citées plus de 5.800 fois, avec un impact factor cumulé à 1.000.

 

Comment se déroule une consultation d’oncogénétique ?


→ 1er RENDEZ-VOUS, divisé en 3 étapes :

1 - Un entretien avec le conseiller génétique pour :

o        préciser la structure de la famille sur l’arbre généalogique,

o        collecter des différentes informations familiales,

o        donner des informations concernant les lois de l’hérédité et les facteurs de risque de la maladie cancéreuse,

o        informer sur le déroulement de l’enquête oncogénétique

  

2- Une consultation avec le médecin oncogénéticien spécialiste pour  :

o        l’interprétation de l’arbre généalogique ,

o        le diagnostic médical, et les explications relatives à ce diagnostic

o        l’exploration des maladies familiales,

o        les conseils de prévention, de dépistage, de prise en charge médicale, de conseil génétique,

o       la décision de débuter, ou non, l’enquête génétique moléculaire (examen des caractéristiques génétiques) par prise de sang. Cette décision peut être décalée dans le temps selon les nécessités d’informations complémentaires, ou les contraintes de participation d’autres membres de la famille, ou de présentation à un comité de concertation pluridisciplinaire d’oncogénétique.

 

3 - Un prélèvement sanguin et un frottis jugal :

·         Ils sont proposés par le médecin, après signature d’un formulaire consentement éclairé,

·         analysé dans notre laboratoire agréé par le Ministère de la Santé,

·         Son étude va durer entre 6 et 12 mois, le délai variant selon le gène étudié (nous espérons le réduire prochainement.)

·         Il ne nécessite pas d’être à jeun.

Nous pourrons être amenés à re-solliciter le consultant pour un 2ème voire un 3ème prélèvement sanguin (qui pourront éventuellement, être effectués à votre domicile) pour compléter l’examen des caractéristiques génétiques.

Durant toute cette période nous restons à l’écoute des consultants s’ils désirent nous rencontrer, ou nous faire part d’éléments nouveaux survenus au sein de leur famille. Ils peuvent à tout moment décider d’arrêter, ou de suspendre cette analyse.

 

→ 2EME RENDEZ-VOUS


°        il peut être demandé par le consultant, le médecin référent ou justifié par le médecin oncogénéticien en fonction d’éléments nouveaux utiles à la prise en charge de votre famille.

°        quand nous aurons des résultats à communiquer le consultant est contacté(e) par le secrétariat qui fixera un rendez-vous. Le consultant est libre de refuser de connaître le résultat d’examen des caractéristiques génétiques, cette décision n’étant pas irréversible.

°        la consultation de rendu de résultat d’examen des caractéristiques génétiques suit un protocole défini, déposé au Ministère de la Santé, nécessaire pour laisser un temps de réflexion. Dans la mesure du possible, une rencontre avec le psychologue de l’équipe est proposée ; avec lui seront évoqués la signification des résultats quels qu’ils soient et le retentissement qu’ils peuvent avoir sur vous et votre famille. Si le consultant ne souhaite pas voir le psychologue il aura un entretien avec le conseiller génétique.

 

Le résultat d’examen des caractéristiques génétiques sera annoncé lors de la consultation avec le médecin oncogénéticien.

Le résultat familial génétique moléculaire est rendu à une des personnes prélevées, le plus souvent celle qui a débuté cette recherche. L’information sera diffusée par ses soins aux membres de la famille, mais nous souhaitons aussi les recevoir en consultation s’ils en font la demande.

Le résultat individuel génétique moléculaire est rendu strictement personnellement, avec respect, dans la mesure du possible, de l’ordre générationnel. Il se fait dans le cadre d’une confidentialité rigoureuse : aucun résultat ne sera rendu à une personne autre que le sujet lui-même (y compris médecin), il ne sera jamais dévoilé les résultats des autres membres de la famille. L’information circulant dans la famille sera transmise par les personnes concernées selon leurs souhaits.

Les mesures de prévention et de dépistage seront adaptées à chacun selon le risque diagnostiqué, et précisées par le médecin oncogénéticien.

 

LE SUIVI

Le service reste à l’écoute des consultants et peut les recevoir si d’autres questions viennent se poser ultérieurement. Il peut se charger de l’organisation des mesures de dépistage et de suivi médical.

Les membres de la famille désirant connaître leur statut par rapport à ce risque potentiel devront nous contacter.

 

Contacter le service d'oncogénétique :

58 rue Montalembert - B.P 392 - 63011 Clermont-Ferrand Cedex 1

Tél : 04 73 27 80 50

Mise à jour le Mardi, 19 Juin 2012 15:34
 
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