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Cancer du poumon EGFR+: le géfitinib plus efficace que la chimiothérapie en prévention des récidives après chirurgie

ALEXANDRIE (Virginie), 18 mai 2017 (APMnews) - Le géfitinib (Iressa*, AstraZeneca) administré en adjuvant a réduit les récidives par rapport à la chimiothérapie dans le traitement du cancer du poumon non à petites cellules (NAPC) de stade II-IIIA avec mutations activatrices de l'EGFR, dans un essai de phase III qui sera présenté au congrès de l'American Society of Clinical Oncology (ASCO) début juin à Chicago et rendu public mercredi soir.

L'ASCO a sélectionné 6 présentations parmi les milliers d'abstracts mis en ligne mercredi soir en amont de son congrès qui se tiendra à Chicago du vendredi 2 au mardi 6 juin et qui devrait rassembler plus de 30.000 spécialistes du monde entier. Les communications les plus importantes qualifiées de <*Late breaking abstracts*> ne seront dévoilées que sur place.

Environ 20% à 25% des patients atteints d'un cancer du poumon NAPC sont opérables. La chimiothérapie est le traitement adjuvant standard mais elle n'apporte que 5% de bénéfice en survie. L'étude ADJUVANT est la première étude à montrer un bénéfice pour une thérapie ciblée en adjuvant dans le cancer du poumon. L'essai BR.19 mené avec le géfitinib chez des patients non sélectionnés selon le statut EGFR n'avait pas montré de bénéfice contre un placebo en 2010, ni plus tard, en 2015, l'essai RADIANT mené avec l'erlotinib (Tarceva*, Roche) pourtant chez des patients avec mutations de l'EGFR toujours contre placebo.

Financé par le groupe chinois d'oncologie thoracique et la filiale chinoise d'AstraZeneca, l'essai ADUVANT a comparé le géfitinib (250 mg par jour pendant 2 ans) à une chimiothérapie de vinorelbine + cisplatine (4 cycles) auprès de 222 patients opérés pour un cancer du poumon de stade II-IIIA avec mutations activatrices de l'EGFR.

Avec un suivi médian de 36,5 mois, le délai médian avant récidive était de 28,7 mois chez les patients ayant reçu 2 ans de géfitinib contre 18 mois pour ceux qui avaient eu une chimiothérapie, soit 10 mois de plus sans maladie, a rapporté le Dr Yi-Long Wu, directeur de l'institut sur le cancer du poumon du Guangdong à Canton (Chine), lors d'une conférence téléphonique de l'ASCO.

La survie sans récidive à 3 ans était significativement supérieure avec la thérapie ciblée à 34% vs 27%.

Les patients sous géfitinib ont été beaucoup moins nombreux à souffrir d'effets secondaires (12% vs 48%). Les effets secondaires les plus sévères étaient une élévation des enzymes hépatiques avec le géfitinib alors que les patients sous chimiothérapie ont eu des nausées, vomissements, des neutropénies et de l'anémie. Il n'a pas été observé d'affection pulmonaire interstitielle avec le géfitinib.

"Le géfitinib en adjuvant pourrait devenir une option importante pour les patients atteints d'un cancer du poumon NAPC de stade II-IIIA avec mutations activatrices de l'EGFR. Nous allons suivre ces patients jusqu'à pouvoir mesurer la survie globale et non pas seulement la survie sans récidive qui mesure juste les récidives", a commenté le Dr Wu. A ce stade du suivi, il y a eu 76 décès (34,2%) dont 41 dans le bras géfitinib contre 35 dans le bras chimiothérapie.

Les 2 essais précédents qui se sont avérés négatifs incluaient des patients avec un cancer de stade I, II et III et les patients avaient été sélectionnés pour une surexpression de l'EGFR dans l'essai RADIANT, alors que ce nouvel essai a inclus des patients porteurs des mutations activatrices de l'EGFR, qui est un facteur prédictif de réponse à ces inhibiteurs de l'EGFR, a-t-il indiqué pour expliquer les différences de résultats.

sl/ab/APMnews



jeudi 18 mai 2017 - Copyright © APM-Santé - Tous droits réservés
 
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