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Cancer du poumon de stade III: la chimioradiothérapie paraît délétère pour les patients âgés

WASHINGTON, 17 mai 2017 (APMnews) - Les patients âgés qui reçoivent une chimioradiothérapie concomitante pour traiter un cancer du poumon non à petites cellules (NAPC) de stade III ont une moins bonne survie globale, davantage de toxicités et une mortalité en traitement plus élevée, selon une analyse poolée publiée dans le Journal of Clinical Oncology (JCO).

La chimioradiothérapie concomitante est le traitement standard des patients ayant un cancer du poumon NAPC de stade III, mais elle est associée à des toxicités. Or l'âge médian des patients pour ce cancer est de 70 ans et beaucoup de patients âgés ont des comorbidités dues à leur âge et à la consommation tabagique au long cours. Les patients âgés sont peu représentés dans les essais cliniques et les analyses rétrospectives sur ce sous-groupe se sont montrées discordantes en plus de ne comprendre que de petits effectifs.

Pour préciser le rapport bénéfices/risques de ce traitement chez les patients âgés, le Dr Thomas Stinchcombe du Duke University Medical Center à Durham (Caroline du Nord) et ses collègues ont conduit une analyse poolée sur données individuelles.

Leur analyse porte sur 16 essais de phase II et III menés par des groupes coopérateurs américains et financés par le National Cancer Institute (NCI) entre 1990 et 2012. Elle a comparé 2.768 patientes jeunes (moins de 70 ans) et 832 patients de 70 ans et plus.

Dans l'analyse multivariée, les patients âgés avaient une moins bonne survie globale (risque de décès augmenté de 17%). La survie sans progression était similaire.

Les patients âgés avaient un taux plus élevé d'effets secondaires de grade 3 et plus (risque accru de 38% en multivarié). Les toxicités mortelles étaient aussi plus fréquentes (9% versus 4% chez les plus jeunes). Les patients âgés avaient moins souvent terminé leur traitement (47% vs 57%) et l'ont plus fréquemment arrêté pour cause de toxicités (20% vs 13%), de décès pendant le traitement (7,8% vs 2,9%) et pour refus de traitement (5,8% vs 3,9%).

La survie sans progression similaire et les effets secondaires mortels plus fréquents suggèrent que des décès précoces sont en partie responsables de cette moins bonne survie globale, commentent les auteurs.

Ils recommandent aux médecins de proposer ce traitement aux patients âgés les plus en forme, si possible dans le cadre d'essais cliniques, mais en étant très prudents sur la surveillance des effets secondaires en raison du risque accru de toxicités. Il est possible que les thérapies ciblées et les immunothérapies puissent être plus bénéfiques aux patients âgés, ajoutent-ils. (JCO, publication en ligne du 11 mai)

sl/ab/APMnews



jeudi 18 mai 2017 - Copyright © APM-Santé - Tous droits réservés
 
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