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Cancer du sein et statut HER2: assez peu d'amplifications réelles dans les cas dits équivoques avec les nouvelles recommandations

(Par Sylvie LAPOSTOLLE, aux journées de la SFSPM)
LILLE, 13 novembre 2017 (APMnews) - Les nouvelles recommandations pour la détermination du statut HER2 ont conduit à plus de cas équivoques mais dont assez peu cachent de réelles amplifications du gène susceptibles de déclencher une prescription d'anti-HER2, selon une analyse pan-génomique faite à l'Institut Curie et présentée vendredi à Lille lors des journées de la Société française de sénologie et de pathologie mammaire (SFSPM).
La détermination du statut de l’oncogène HER2 permet de sélectionner les patientes éligibles aux thérapies ciblant HER2 comme Herceptin* (trastuzumab, Roche) et Perjeta* (pertuzumab, Roche). Le niveau d’amplification d’HER2 est un facteur prédictif de réponse aux thérapies ciblées anti-HER2 et ces traitements ont un impact sur la survie des patientes.
De nouvelles recommandations internationales pour la détermination du statut HER2 dans les cancers du sein ont été proposées par l’American Society of Clinical Oncology (ASCO)/College of American Pathologists (CAP) en 2013 (puis par le Gefpics en 2014) et leur application a conduit à augmenter le nombre de cas dits équivoques (statut incertain). Le bénéfice des thérapies ciblées anti-HER2 pour les patientes dont le statut HER2 de leur tumeur est défini comme équivoque reste débattu, a rappelé le Dr Edith Borcoman de l'Institut Curie dans une communication orale qui a été primée (Prix Charles Gros).
Elle a évalué l’impact de ces nouvelles recommandations sur la classification du statut HER2 par hybridation en fluorescence in situ (Fish) des cas de cancers du sein définis comme équivoques (Score 2+) par immunohistochimie (IHC) de 2008 à 2014 dans son institution.
Dans cette base, 143 cas sur 1.972 (7,3%) analysés en Fish ont changé de statut, majoritairement non amplifiés. Seulement 5 cas (3,5%) définis comme HER2- auparavant sont devenus HER2+ avec la nouvelle classification. Les cas définis comme équivoques (121) ont augmenté de 0,8% à 6,1%, a-t-elle rapporté.
Sur 74 cas HER2 équivoques avec la nouvelle classification et dont le centre disposait d'un matériel cryoconservé suffisant (sur 121), l'analyse par hybridation génomique comparative sur puce à ADN (aCGH) a montré que 20% avaient un gain segmentaire incluant le gène HER2, 45% un gain du bras long du chromosome 17 et 12% (9) seulement avaient une réelle amplification focale du locus contenant le gène HER2.
Sur le plan clinique, les patientes concernées avaient plutôt un profil luminal B et elles ont eu un très bon pronostic même si seulement 6 d'entre elles ont été traitées par un anti-HER2.
"Que faire ?", s'est-elle demandée. Elle a suggéré de les retester sur un autre bloc et de discuter le résultat en réunion de concertation pluridisciplinaire (RCP). L'analyse en aCGH paraît intéressante pour mieux définir ces cas équivoques et pourrait permettre une sélection plus précise des patientes éligibles aux thérapies ciblant HER2, a-t-elle commenté.
Néanmoins, répondant à une question sur l'intérêt réel de retester ces patientes pour repérer le petit nombre qui aurait besoin d'être traité, le Pr Jean-Yves Pierga de l'Institut Curie a reconnu qu'il n'y avait que quelques cas dans le lot avec amplification. "Maintenant nous avons une possibilité de les retester, mais c'est vrai que c'est un groupe tout à fait minoritaire" et "c'est manifestement une population de très bon pronostic", at-il reconnu.
sl/ab/APMnews

 
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