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Bientôt un consensus pour la prise en charge du mésothéliome

LYON, 12 juillet 2018 (APMnews) - Un atelier multidisciplinaire qui a réuni en fin de semaine dernière les meilleurs spécialistes mondiaux du mésothéliome au Centre Léon-Bérard à Lyon pour réfléchir à la meilleure prise en charge de ce cancer rare et de mauvais pronostic va aboutir à la publication d'un consensus.
Cette réunion était organisée sous l'égide de l'International Association for the Study of Lung Cancer (IASLC) et du réseau européen EURACAN. Le texte de consensus qui résultera des discussions de ces deux jours doit être publié fin 2018 dans le Journal of Thoracic Oncology, a indiqué à APMnews le Pr Françoise Galateau-Sallé, coordonnatrice du réseau mésothéliomes malins MESOPATH, anatomopathologiste au Centre Léon-Bérard, co-organisatrice de l'atelier.
Le mésothéliome, cancer primitif de la plèvre lié en premier lieu à l'exposition aux poussières d'amiante et qui touche chaque année 1.100 personnes en France, "est très hétérogène: il existe différentes formes, plus ou moins agressives", indique à APMnews le Pr Nicolas Girard, oncopneumologue à l’Institut Curie, également co-organisateur.
"Chaque spécialité (oncologue, chirurgien, radiologue, pathologiste, radiothérapeute) avait sa vision de la maladie, avec des critères différents", estime-t-il, et ces différentes spécialités communiquaient insuffisamment entre elles.
Avec ce "premier colloque réunissant une soixantaine d'experts des différentes spécialités, de renommée mondiale, chacun a appris des choses des autres spécialités", assure-t-il.
L'objectif est de définir, grâce à la combinaison des progrès récents en anatomopathologie, biologie moléculaire, imagerie et même de l'intelligence artificielle, une classification des mésothéliomes.
Cette classification qui devrait prendre en compte des critères tels que la taille de la tumeur, l'histologie, des marqueurs d'expression génique, des paramètres prédictifs de l'efficacité de l'immunothérapie, etc., permettra de mieux décider du choix du traitement.
Jusqu'à présent, tous les patients recevaient les mêmes traitements, notamment des chimiothérapies. Or, il a été montré que des tumeurs diagnostiquées précocement pouvaient bénéficier d'une intervention chirurgicale. De plus, l'étude française MAPS-2 a montré l'intérêt d'une immunothérapie par inhibiteurs de checkpoint, ouvrant une nouvelle voie thérapeutique. Et des thérapies ciblées sont en évaluation. Il est important de déterminer quels patients pourraient en bénéficier.

Intelligence artificielle

Lors de cet atelier de réflexion ont été présentés des résultats d'un programme de recherche utilisant l'intelligence artificielle, DI-A-GNOSE, porté conjointement par les équipes du Centre Léon-Bérard et la société Owkin.
"Nous avons utilisé l'intelligence artificielle pour mieux sélectionner les patients ayant un meilleur pronostic et ceux non-répondeurs aux traitements", a indiqué Françoise Galateau-Sallé. L'intelligence artificielle utilisée pour étudier les échantillons tumoraux sur des lames scannées "permet d'isoler des choses que l'on ne voyait pas, d'identifier des zones tellement petites qu'on n'y attachait pas suffisamment d'importance et qui sont associées au pronostic", ajoute-t-elle.
Ce système pourrait "aider les cliniques et les pathologistes à aller plus vite dans la sélection des bons patients pour chaque traitement", dans un objectif de "médecine personnalisée".
Cela pourrait également être utile pour "cibler les patients sur lesquels faire des analyses de biologie moléculaire", ou en recherche pour "poser de nouvelles questions" en regardant rétrospectivement des banques de lames, ou encore pour des entreprises pharmaceutiques qui voudraient comprendre pourquoi les patients répondent ou pas à leur traitement, estime la chercheuse.
A ce jour, plus de 35.500 lames et 5.920 dossiers anonymisés comportant les données d’imagerie, de biologie moléculaire et de traitements ont été scannés et transmis à la machine, et les taux de concordance avec les conclusions des pathologistes et de corrélation avec la survie sont très élevés.
"L’ensemble de ces données est conservé dans un serveur installé au Centre Léon-Bérard. Nous avons choisi Owkin car, contrairement aux autres solutions proposées actuellement, les données resteront au Centre Léon-Bérard et l’anonymat des patients est garanti", indique le centre anticancéreux.
fb/vl/APMnews

 
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