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Cancer du poumon avancé: le séquençage génomique à grande échelle pas associé à une meilleure survie

WASHINGTON, 7 août 2018 (APMnews) - Le séquençage génomique à grande échelle et l'instauration d'un traitement ciblé en fonction du résultat n'est pas associé à une meilleure survie chez les patients atteints d'un cancer du poumon non à petites cellules (NAPC) non épidermoïde de stade avancé, selon une étude publiée dans le Journal of the American Medical Association (JAMA) mardi.
Dans la prise en charge du cancer du poumon NAPC, une stratégie de séquençage de plusieurs gènes dont les mutations sont connues pour influencer l'évolution de la maladie s'est montrée plus rentable économiquement qu'une analyse séquentielle dans une étude américaine présentée début juin au congrès de l'American Society of Clinical Oncology (ASCO) (cf dépêche du 18/05/2018 à 17:26). On connaît 8 gènes dont les mutations conduisent à prescrire des thérapies ciblées: EGFR, ALK, ROS1, BRAF, MET, HER2, RET et NTRK1.
Chez les patients atteints de ce cancer à un stade avancé, le séquençage génomique à grande échelle est plus fréquemment utilisé que les tests de routine portant uniquement sur les mutations EGFR et/ou des réarrangements ALK seuls. Cependant, on en sait peu sur l'association entre ce type de séquençage et le choix du traitement ou la survie des patients, rappellent Carolyn Presley de l'Université de Columbus dans l'Ohio et ses collègues.
Ce mode de séquençage génomique est défini comme utilisant des techniques de nouvelle génération incluant l'évaluation de plus de 30 oncogènes.
L'étude de cohorte américaine rétrospective a inclus 5.688 patients souffrant d'un cancer du poumon NAPC non épidermoïde de stade avancé ou non résécable.
Elle a permis de comparer les résultats cliniques de ceux qui avaient bénéficié d'un séquençage génomique à grande échelle (15,4%), par rapport à un groupe contrôle de patients (84,6%) atteints de la même pathologie mais ayant été testés en routine, pour des mutations EGFR et/ou des réarrangements ALK seuls.
Les critères principaux étaient la mortalité à 12 mois et la survie globale à partir de l'instauration du traitement de première ligne.
Parmi ceux qui étaient testés par séquençage génomique à grande échelle, 4,5% ont reçu un traitement ciblé basé sur les résultats de leur test, 9,8% ont reçu un traitement ciblant EGFR/ALK, et 85,1% n'ont pas reçu de traitement ciblé, notent les chercheurs.
Les taux de mortalité à 12 mois non ajustés étaient de 49,2% pour les patients avec un test de séquençage génomique à grande échelle, et de 35,9% chez les patients testés en routine.
Dans l'analyse ajustée en fonction de facteurs de confusion, il n'y avait pas d'association significative entre le séquençage à grande échelle et la mortalité à 12 mois. Les probabilités estimées de décès à 12 mois étaient de 41,1% contre 44,4%, respectivement.
Ces résultats persistaient dans l'analyse de survie réalisée à l'aide d'un score de propension (42% vs 45,1% respectivement).
Chez les patients souffrant d'un cancer du poumon NAPC de stade avancé, le séquençage génomique à grande échelle a éclairé le choix du traitement pour une minorité de patients seulement et n'était pas indépendamment associé à une meilleure survie, concluent les auteurs.
(JAMA, vol 320, n°5, p469-446)
cab/cd/eh/APMnews

 
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