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Vaccin anti-HPV: confirmation de l'efficacité de Gardasil* en rattrapage de 14 à 20 ans, mais pas après

LONDRES, 8 août 2018 (APMnews) - La vaccination anti-HPV avec le vaccin quadrivalent Gardasil* (Merck & Co) est efficace dans la prévention des lésions précancéreuses de haut grade et cancers du col en rattrapage de 14 à 20 ans, selon une étude américaine publiée dans le Lancet Child & Adolescent Health mercredi.
En France, la vaccination contre les HPV avec Gardasil* est recommandée, notamment, pour les filles immunocompétentes entre 11 ans et 14 ans, puis en rattrapage jusqu’à 19 ans, en prévention du cancer du col de l’utérus, à raison de deux doses chez les jeunes filles de 11 ans à 14 ans et trois doses entre 15 ans et 19 ans, rappelle-t-on. Aux Etats-Unis la vaccination est recommandée à 11-12 ans et un rattrapage est proposé entre 13 ans et 26 ans.
Michael Silverberg du Kaiser Permanente à Oakland (Californie) et ses collègues ont évalué le risque de néoplasie intra-épithéliale cervicale de haut grade (CIN2 et CIN3), d'adénocarcinome in situ et de cancer du col (l'ensemble étant regroupé sous les catégories CIN2+ en incluant les CIN2, et CIN3+ en excluant les CIN2), en fonction du statut vaccinal, de l'âge à la première administration du vaccin et du nombre de doses reçues, parmi les femmes affiliées au système de soins Kaiser Permanente Northern California.
Ils ont comparé 4.357 femmes ayant un diagnostic de novo de CIN2+ ou CIN3+, âgées de 26 ans ou moins au moment de la mise à disposition du vaccin en 2006, à 21.773 contrôles ne présentant pas de telles lésions, sélectionnées au hasard et appariées en fonction de l'âge, de l'ancienneté de la première cytologie réalisée dans ce système de soins et du nombre d'années d'adhésion à ce système de soins. Cinq contrôles étaient appariées à 1 cas.
Parmi les femmes vaccinées, l'âge le plus précoce à la vaccination dans cette cohorte était de 14 ans.
Le fait d'avoir reçu au moins une dose de vaccin conférait une protection contre les CIN2+ et les CIN3+, avec un risque significativement diminué respectivement de 18% et 23%.
La protection la plus forte contre les CIN2+ était observée chez les femmes ayant reçu 3 doses du vaccin, lorsque le vaccin avait été administré pour la première fois entre 14 et 17 ans ou entre 18 et 20 ans, le risque étant réduit respectivement de 48% et 35%.
Au-delà, aucune protection n'était mise en évidence.
Les résultats allaient dans le même sens concernant la protection contre les CIN3+, avec un risque significativement réduit de 73% en cas de première dose reçue entre 14 et 17 ans, et de 41% entre 18 et 20 ans.
"Nos résultats montrent que les filles et les femmes qui n'ont pas reçu le schéma de vaccination complet à 11-12 ans peuvent encore bénéficier d'une protection significative si elles reçoivent les 3 doses du vaccin avant 20 ans. Les preuves suggèrent que plus le vaccin est administré tôt, plus la protection est forte, et qu'après 21 ans, les preuves d'efficacité sont incertaines", commente Michael Silverberg dans un communiqué du Lancet.
Il souligne que d'autres recherches sont nécessaires dans d'autres populations mais aussi avec le vaccin nonavalent plus récent, Gardasil* 9, afin de déterminer l'efficacité de la vaccination chez les femmes de 21-26 ans.
Dans un commentaire accompagnant l'article, Sarah Dilley et Warner Huh de l'université d'Alabama à Birmingham soulignent qu'étant donné que des études prospectives ont montré un bénéfice de la vaccination de rattrapage jusqu'à au moins 26 ans, il est nécessaire d'obtenir plus de données avant de décider d'abandonner cette pratique.
Gardasil* 9 a été homologué en juin 2015. Il doit à terme remplacer Gardasil*, qui a été autorisé en septembre 2006. En France, Gardasil* 9 est désormais remboursé et agréé aux collectivités, selon 2 arrêtés publiés mardi au Journal officiel, note-t-on (cf dépêche du 07/08/2018 à 11:43).
(Lancet Child & Adolescent Health, publication en ligne du 7 août)
cd/ab/APMnews

 
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