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Détection précoce des cancers de la cavité buccale

Les cancers de la cavité buccale représentent chaque année plus de 7500 nouveaux cas – ¾ d'entre eux sont des hommes - et 1875 décès. La France connaît l'une des situations les plus dégradées en Europe. A l'heure actuelle en France, 70% des cancers de la cavité buccale sont diagnostiqués à un stade avancé. Or, il est possible de les détecter précocement et de pouvoir ainsi améliorer leur pronostic et éviter les traitements mutilants. Les chirurgiens-dentistes ainsi que tous les professionnels de santé pratiquant un examen de la bouche (médecins généralistes, médecins du travail…) peuvent jouer un rôle déterminant dans cette détection. C'est pourquoi depuis 2007, l'Institut souhaite, en lien avec le Ministère de la santé et des sports, mobiliser les professionnels concernés autour de cette priorité de santé publique. Fin 2008, un module de formation multimédia a été mis à leur disposition sur le site Internet de l'Institut National du Cancer.

Les cancers de la cavité buccale font partie de la région lèvre-bouche- pharynx et forment, avec les cancers du larynx, le groupe des cancers des voies aéro-digestives supérieures ( VADS). Ils concernent le plancher de la bouche, la langue mobile, les amygdales, le palais, les joues, les gencives, les lèvres. 
 

Epidémiologie

La France occupe une des premières places en Europe, en termes d' incidence, avec une estimation en 2005 de 7 500 nouveaux cas, dont 3/4 chez des hommes, et 1 875 décès (1). Les régions de la partie nord de la France sont particulièrement touchées.
On observe une forte baisse de l'incidence et de la mortalité depuis 2000. Cette baisse est plus sensible chez les hommes en raison d'une diminution de la consommation d'alcool. En revanche, le nombre de nouveaux cas continue d'augmenter chez les femmes, notamment à cause de l'augmentation du tabagisme dans cette population.
Ces cancers sont des pathologies particulièrement létales puisque le taux de survie relative à 5 ans se situe autour de 40%, mais ce chiffre est à différencier selon les sous-localisations : lèvre (95%), langue (35%), cavité orale (41%). Ils peuvent provoquer des séquelles esthétiques chez les patients, et des conditions de vie particulièrement pénalisantes. La moyenne d'âge au diagnostic est de 61 ans pour les hommes et 65 pour les femmes (2).
Enfin, ces cancers sont largement attribuables à la consommation de tabac et d'alcool, avec un effet cumulatif tabac-alcool considérable : dans ce cas, le risque de cancer est multiplié par 15 (3). D'autres facteurs de risque sont aujourd'hui identifiés (surexposition au soleil, alimentation déséquilibrée, radiations, agents infectieux...). 
 

La détection précoce, un levier d'action efficace

Les cancers de la cavité buccale constituent ainsi en France une priorité de santé publique souvent méconnue, à laquelle l' INCa (Institut National du Cancer) a souhaité s'atteler. La détection précoce apparaît comme un levier d'action efficace pour lutter contre la mortalité liée à ce cancer. En effet, une détection des lésions pré-cancéreuses permet dans une majorité de cas d'empêcher l'évolution vers le cancer. Or, beaucoup trop de patients consultent avec des tumeurs avancées ; et cela pour trois raisons principales. Tout d'abord, les lésions pré-cancéreuses sont souvent peu symptomatiques. Ensuite, les populations à plus haut risque (les personnes à forte consommation de tabac et d'alcool) sont typiquement les moins enclines à consulter. Enfin, la population générale connaît peu ces cancers ainsi que les facteurs de risque associés.

Les chirurgiens-dentistes (40 300 en France en 2007) sont parmi les professionnels de santé les plus à même de détecter ces lésions pré-cancéreuses (ils examinent 500 000 patients chaque jour) et de participer à leur prévention. Ils avaient été jusqu'à présent peu sollicités dans le domaine de la santé publique et constituaient donc une catégorie professionnelle qu'il était important de mobiliser.
Le plan de prévention de santé bucco-dentaire lancé par le Ministère de la Santé en 2005 et qui fait des cancers de la cavité buccale une priorité, a engagé la démarche.
De façon plus générale, sont concernés l'ensemble des professionnels de santé ayant à réaliser un examen de la cavité buccale (médecin généraliste, médecin du travail….).



 (1) Données InVS (Institut de Veille Sanitaire)-HCL-Francim-INCa, février 2008

(2) F. Ménégoz et al., Les cancers de la lèvre, cavité buccale, et du pharynx en France : incidence, mortalité et tendance (période 1975 – 1995), Bulletin du cancer ; volume 89, Numéro 4, avril 2002

(3) Dobrossy L, Epidemiology of head and neck cancer : magnitude of the problem. Cancer metastasis Rev 2005

Mise à jour le Mardi, 09 Mars 2010 13:19
 
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