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Dépistage du cancer colorectal

L'opportunité du dépistage du cancer colorectal, l'âge auquel le réaliser, le rythme et les modalités de la surveillance ou d'investigation varient selon les personnes. On distingue trois types de profils différents :

 

Les personnes à risque moyen de cancer colorectal (la majorité des cas) :

Les hommes et femmes de plus de 50 ans sans symptômes apparents ni histoire familiale constituent la population présentant ce qu'on appelle un risque moyen de cancer colorectal : 94% des cancers colorectaux surviennent après cet âge. C'est à eux qu'est destiné le test de recherche de sang occulte dans les selles dans le cadre du programme de dépistage organisé mis en place par les pouvoirs publics. La réalisation de ce test est recommandée tous les deux ans. Dans l'intervalle, il est important de surveiller les signes d'alerte et de consulter un médecin en cas de doute :

  • Présence d'un saignement dans les selles (rectorragie ou méléna), qu'il ne faut pas attribuer spontanément à des hémorroïdes sans avis médical,
  • Troubles du transit d'apparition récente : diarrhée ou constipation inhabituelle ou alternance de ces deux troubles,
  • Douleurs abdominales inexpliquées et d'apparition récente,
  • Amaigrissement inexpliqué.

Les personnes à risque élevé de cancer colorectal (15 à 20 % des cas)

Il s'agit :

  • des personnes qui ont déjà eu un premier cancer ou un adénome de plus d'un centimètre ou un premier cancer colorectal,
  • des personnes dont un parent proche (père, mère, frère, sœur, enfant) a été atteint d'un cancer de l'intestin avant 65 ans, et de celles dont deux parents ont été atteints quel que soit l'âge du diagnostic,
  • des personnes atteintes de maladie inflammatoire chronique de l'intestin étendue au moment du diagnostic et évoluant depuis plus de 20 ans.

La méthode de dépistage préconisée pour ces personnes est la coloscopie dont le médecin déterminera la fréquence, en fonction du profil et des antécédents du patient.

 

Les personnes à risque très élevé de cancer colorectal (1 à 3 % des cas environ)

Certains cancers colorectaux, rares, sont liés à une maladie héréditaire : des gènes défectueux peuvent être transmis d'un parent à son enfant.
Présentent ainsi un risque très élevé de développer un cancer colorectal :

  • Les membres d'une famille atteinte de Polypose Adénomateuse Familiale (PAF) caractérisée par la présence de très nombreux polypes sur le tube digestif.
  • Les membres d'une famille avec HNPCC (Hereditary Non Polyposis Colorectal Cancer ou cancer colorectal héréditaire non polyposique), également appelé syndrome de Lynch.

Une consultation d'oncogénétique est proposée en cas de suspicion d'une forme familiale de cancer colorectal. Les personnes à risque très élevé de cancer colorectal bénéficient d'un suivi spécifique.

 

Les hommes et les femmes de 50 à 74 ans sont invités tous les 2 ans par courrier à retirer un test de dépistage chez leur médecin traitant. Compte tenu de l'histoire personnelle et/ou familiale de chacun, le médecin traitant détermine si ce test est approprié. Si tel est le cas, il le remet et explique comment le réaliser.
Le test, gratuit1, est simple et à faire chez soi. En pratique, il consiste à prélever, sur trois selles consécutives, deux petits fragments de la taille d'une lentille ou d'un grain de riz qu'il faut déposer sur une plaquette. La plaquette est ensuite à envoyer à un centre de lecture (laboratoires de biologie agréés ayant une expérience dans la lecture des tests utilisés) à l'aide de l'enveloppe préaffranchie fournie avec le test. Le centre de lecture transmet ensuite les résultats du test au patient, à son médecin traitant ainsi à la structure départementale en charge de l'organisation des dépistages en vue de l'évaluation du programme de dépistage.

Un test négatif (97 à 98% des cas) signifie qu'aucun saignement n'a été détecté. Mais il peut arriver que certains polypes ou cancers ne saignent pas au moment des prélèvements. Il est donc très important de refaire le test 2 ans plus tard et de surveiller les signes d'alerte dans l'intervalle (cf ci-dessus). Ces signes sans évoquer obligatoirement la présence d'un adénome ou d'un cancer colorectal, doivent conduire le patient à consulter son médecin traitant sans attendre le délai de 2 ans.

Un test positif (2 à 3 % des cas) ne signifie pas que l'on a un cancer : il indique que du sang a été détecté dans les selles. Pour en identifier l'origine, le médecin prescrit alors une coloscopie. La coloscopie est actuellement l'examen de référence pour mettre en évidence d'éventuelles anomalies du côlon ou du rectum. Lorsque le médecin prescrit une coloscopie, il explique à son patient la manière dont se déroule cet examen, ses avantages et ses rares complications. Il s'agit d'un examen qui permet de visualiser l'intérieur de l'intestin à l'aide d'un tube souple comportant des fibres optiques. En plus de cette observation, le médecin peut si nécessaire procéder à une biopsie (prélever un fragment de tissu intestinal) ou enlever des polypes qu'il a repérés. La coloscopie est réalisée par un gastro-entérologue, le plus souvent sous anesthésie générale. Elle peut être pratiquée en hôpital de jour : la personne sort le soir même de l'examen.

1Le test de recherche de sang dans les selles est gratuit dans le cadre du dépistage organisé du cancer colorectal. Il est cependant remis au cours d'une consultation chez le médecin traitant. Celle-ci est prise en charge dans les conditions habituelles par l'Assurance maladie. La coloscopie, quand elle est prescrite, est également prise en charge par l'Assurance Maladie dans les conditions habituelles.

 

Mise à jour le Mardi, 11 Janvier 2011 10:26
 


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