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Cancer de l'oesophage localement avancé: phase III positive pour la chimioradiothérapie néo-adjuvante

WASHINGTON, 10 août 2018 (APMnews) - La chimioradiothérapie néo-adjuvante améliore significativement la survie globale et la survie sans maladie par rapport à une chirurgie seule chez les patients atteints de cancer de l'oesophage localement avancé, montre une étude chinoise publiée dans le Journal of Clinical Oncology mercredi.
L'efficacité de la chimioradiothérapie néoadjuvante associée à la chirurgie est controversée dans le carcinome épidermoïde de l'oesophage localement avancé, rappellent Hong Yang du Sun Yat-sen University Cancer Center à Guangzhou et ses collègues.
Cette étude de phase III en ouvert a comparé le bénéfice de survie obtenu avec une chimioradiothérapie néo-adjuvante à la chirurgie seule chez les patients atteints de cette pathologie. Elle a inclus 451 patients, à un stade clinique T1-4N1M0/T4N0M0. Ces derniers ont été randomisés entre la chirurgie seule et la chimioradiothérapie à raison de 40 Gray en 20 fractions (5 par semaine) et 2 cycles de vinorelbine et cisplatine, suivis de la chirurgie.
Le critère principal d'évaluation était la survie globale, les critères secondaires la survie sans maladie, le profil de sécurité, le taux de résection R0 et la réponse pathologique.
Le taux de réponse complète pathologique, critère habituel en néo-adjuvant, a été de 43,2% dans le groupe traité par chimioradiothérapie, notent les chercheurs. Par rapport au groupe traité uniquement par chirurgie, le groupe traité par chimioradiothérapie néo-adjuvante a présenté un taux de résection R0 significativement plus élevé, de 98,4% contre 91,2%; une survie globale médiane significativement meilleure (100,1 mois contre 66,5 mois) et une survie sans maladie significativement prolongée (100,1 mois contre 41,7 mois).
Durant la chimioradiothérapie, les effets indésirables de grade 3 ou 4 les plus courants étaient une leucopénie (48,9%) et une neutropénie (45,7%). Les incidences de complications postopératoires étaient similaires entre les 2 groupes, à l'exception de l'arythmie (13% dans le groupe traité par chimioradiothérapie vs 4% dans le groupe chirurgie seule).
"Cet essai montre que la chimioradiothérapie néo-adjuvante améliore significativement la survie globale et la survie sans maladie par rapport à la chirurgie seule chez les patients avec un carcinome épidermoïde de l'oesophage de stade avancé, avec des effets indésirables gérables et acceptables", concluent les auteurs.
Ils précisent qu'une des limites de leur étude est d'avoir été menée en Chine, où la prévalence de cette pathologie est élevée, et des travaux supplémentaires sont nécessaires pour savoir si ces résultats sont applicables dans les pays occidentaux à forte prévalence d'adénocarcinome de la jonction oesophagogastrique.
"Les résultats de cette étude sont importants pour la révision des politiques et la prise de décision lors du choix du traitement pour les patients présentant un carcinome épidermoïde de l'oesophage localement avancé potentiellement résécable", commentent-ils.
(JCO, publication en ligne du 8 août)
cab/cd/ab/APMnews

 
Vaccin anti-HPV: confirmation de l'efficacité de Gardasil* en rattrapage de 14 à 20 ans, mais pas après

LONDRES, 8 août 2018 (APMnews) - La vaccination anti-HPV avec le vaccin quadrivalent Gardasil* (Merck & Co) est efficace dans la prévention des lésions précancéreuses de haut grade et cancers du col en rattrapage de 14 à 20 ans, selon une étude américaine publiée dans le Lancet Child & Adolescent Health mercredi.
En France, la vaccination contre les HPV avec Gardasil* est recommandée, notamment, pour les filles immunocompétentes entre 11 ans et 14 ans, puis en rattrapage jusqu’à 19 ans, en prévention du cancer du col de l’utérus, à raison de deux doses chez les jeunes filles de 11 ans à 14 ans et trois doses entre 15 ans et 19 ans, rappelle-t-on. Aux Etats-Unis la vaccination est recommandée à 11-12 ans et un rattrapage est proposé entre 13 ans et 26 ans.
Michael Silverberg du Kaiser Permanente à Oakland (Californie) et ses collègues ont évalué le risque de néoplasie intra-épithéliale cervicale de haut grade (CIN2 et CIN3), d'adénocarcinome in situ et de cancer du col (l'ensemble étant regroupé sous les catégories CIN2+ en incluant les CIN2, et CIN3+ en excluant les CIN2), en fonction du statut vaccinal, de l'âge à la première administration du vaccin et du nombre de doses reçues, parmi les femmes affiliées au système de soins Kaiser Permanente Northern California.
Ils ont comparé 4.357 femmes ayant un diagnostic de novo de CIN2+ ou CIN3+, âgées de 26 ans ou moins au moment de la mise à disposition du vaccin en 2006, à 21.773 contrôles ne présentant pas de telles lésions, sélectionnées au hasard et appariées en fonction de l'âge, de l'ancienneté de la première cytologie réalisée dans ce système de soins et du nombre d'années d'adhésion à ce système de soins. Cinq contrôles étaient appariées à 1 cas.
Parmi les femmes vaccinées, l'âge le plus précoce à la vaccination dans cette cohorte était de 14 ans.
Le fait d'avoir reçu au moins une dose de vaccin conférait une protection contre les CIN2+ et les CIN3+, avec un risque significativement diminué respectivement de 18% et 23%.
La protection la plus forte contre les CIN2+ était observée chez les femmes ayant reçu 3 doses du vaccin, lorsque le vaccin avait été administré pour la première fois entre 14 et 17 ans ou entre 18 et 20 ans, le risque étant réduit respectivement de 48% et 35%.
Au-delà, aucune protection n'était mise en évidence.
Les résultats allaient dans le même sens concernant la protection contre les CIN3+, avec un risque significativement réduit de 73% en cas de première dose reçue entre 14 et 17 ans, et de 41% entre 18 et 20 ans.
"Nos résultats montrent que les filles et les femmes qui n'ont pas reçu le schéma de vaccination complet à 11-12 ans peuvent encore bénéficier d'une protection significative si elles reçoivent les 3 doses du vaccin avant 20 ans. Les preuves suggèrent que plus le vaccin est administré tôt, plus la protection est forte, et qu'après 21 ans, les preuves d'efficacité sont incertaines", commente Michael Silverberg dans un communiqué du Lancet.
Il souligne que d'autres recherches sont nécessaires dans d'autres populations mais aussi avec le vaccin nonavalent plus récent, Gardasil* 9, afin de déterminer l'efficacité de la vaccination chez les femmes de 21-26 ans.
Dans un commentaire accompagnant l'article, Sarah Dilley et Warner Huh de l'université d'Alabama à Birmingham soulignent qu'étant donné que des études prospectives ont montré un bénéfice de la vaccination de rattrapage jusqu'à au moins 26 ans, il est nécessaire d'obtenir plus de données avant de décider d'abandonner cette pratique.
Gardasil* 9 a été homologué en juin 2015. Il doit à terme remplacer Gardasil*, qui a été autorisé en septembre 2006. En France, Gardasil* 9 est désormais remboursé et agréé aux collectivités, selon 2 arrêtés publiés mardi au Journal officiel, note-t-on (cf dépêche du 07/08/2018 à 11:43).
(Lancet Child & Adolescent Health, publication en ligne du 7 août)
cd/ab/APMnews

 
Cancer du poumon avancé: le séquençage génomique à grande échelle pas associé à une meilleure survie

WASHINGTON, 7 août 2018 (APMnews) - Le séquençage génomique à grande échelle et l'instauration d'un traitement ciblé en fonction du résultat n'est pas associé à une meilleure survie chez les patients atteints d'un cancer du poumon non à petites cellules (NAPC) non épidermoïde de stade avancé, selon une étude publiée dans le Journal of the American Medical Association (JAMA) mardi.
Dans la prise en charge du cancer du poumon NAPC, une stratégie de séquençage de plusieurs gènes dont les mutations sont connues pour influencer l'évolution de la maladie s'est montrée plus rentable économiquement qu'une analyse séquentielle dans une étude américaine présentée début juin au congrès de l'American Society of Clinical Oncology (ASCO) (cf dépêche du 18/05/2018 à 17:26). On connaît 8 gènes dont les mutations conduisent à prescrire des thérapies ciblées: EGFR, ALK, ROS1, BRAF, MET, HER2, RET et NTRK1.
Chez les patients atteints de ce cancer à un stade avancé, le séquençage génomique à grande échelle est plus fréquemment utilisé que les tests de routine portant uniquement sur les mutations EGFR et/ou des réarrangements ALK seuls. Cependant, on en sait peu sur l'association entre ce type de séquençage et le choix du traitement ou la survie des patients, rappellent Carolyn Presley de l'Université de Columbus dans l'Ohio et ses collègues.
Ce mode de séquençage génomique est défini comme utilisant des techniques de nouvelle génération incluant l'évaluation de plus de 30 oncogènes.
L'étude de cohorte américaine rétrospective a inclus 5.688 patients souffrant d'un cancer du poumon NAPC non épidermoïde de stade avancé ou non résécable.
Elle a permis de comparer les résultats cliniques de ceux qui avaient bénéficié d'un séquençage génomique à grande échelle (15,4%), par rapport à un groupe contrôle de patients (84,6%) atteints de la même pathologie mais ayant été testés en routine, pour des mutations EGFR et/ou des réarrangements ALK seuls.
Les critères principaux étaient la mortalité à 12 mois et la survie globale à partir de l'instauration du traitement de première ligne.
Parmi ceux qui étaient testés par séquençage génomique à grande échelle, 4,5% ont reçu un traitement ciblé basé sur les résultats de leur test, 9,8% ont reçu un traitement ciblant EGFR/ALK, et 85,1% n'ont pas reçu de traitement ciblé, notent les chercheurs.
Les taux de mortalité à 12 mois non ajustés étaient de 49,2% pour les patients avec un test de séquençage génomique à grande échelle, et de 35,9% chez les patients testés en routine.
Dans l'analyse ajustée en fonction de facteurs de confusion, il n'y avait pas d'association significative entre le séquençage à grande échelle et la mortalité à 12 mois. Les probabilités estimées de décès à 12 mois étaient de 41,1% contre 44,4%, respectivement.
Ces résultats persistaient dans l'analyse de survie réalisée à l'aide d'un score de propension (42% vs 45,1% respectivement).
Chez les patients souffrant d'un cancer du poumon NAPC de stade avancé, le séquençage génomique à grande échelle a éclairé le choix du traitement pour une minorité de patients seulement et n'était pas indépendamment associé à une meilleure survie, concluent les auteurs.
(JAMA, vol 320, n°5, p469-446)
cab/cd/eh/APMnews

 


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