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Cancers tête et cou: l'immunothérapie pembrolizumab active aussi dans les formes résistantes

WASHINGTON, 21 avril 2017 (APMnews) - L'anti-PD-1 pembrolizumab (Keytruda*, Merck & Co) a une activité antitumorale importante dans le traitement des carcinomes épidermoïdes de la tête et du cou métastatiques et résistants aux sels de platine et au cétuximab (Erbitux*, Merck Serono), selon une étude de phase II publiée dans le Journal of Clinical Oncology (JCO).

Le prembrolizumab a déjà montré son efficacité dans ce cancer métastatique récidivant dans l'étude de phase Ib KEYNOTE-012 qui n'avait pas d'exigence sur les traitements reçus antérieurement.

L'étude KEYNOTE-055 est la première à avoir évalué l'immunothérapie anti-PD-1 chez des patients résistants aux sels de platine et au cétuximab. C'est une étude de phase II ayant inclus 171 patients dont 75% avaient reçu au moins 2 lignes de traitement.

Au moment de l'analyse avec un suivi médian de 7 mois, 64% avaient eu au moins un effet secondaire du traitement dont 15% de grade 3 et plus (fatigue, hypothyroïdie, pneumonie et hyperthyroïdie pour les plus fréquents). Sept patients (4%) ont arrêté leur traitement et un est décédé des effets secondaires du traitement (pneumonie).

Le taux de réponse globale était de 16% (dont une réponse complète) avec une durée médiane de réponse de 8 mois; 75% des réponses étaient toujours en cours lors de l'analyse. Il n'a pas été observé de différence de réponse selon le statut HPV (papillomavirus humain) ni l'expression de PD-L1. Globalement, 50% des patients évaluables (70 sur 141) ont eu une réduction de la taille de leurs lésions tumorales.

La médiane de la survie sans progression était de 2,1 mois et celle de la survie globale de 8 mois.

Ces réponses durables (certaines supérieures à 1 an) sont en accord avec les résultats de l'étude KEYNOTE-012 qui avait obtenu un taux de réponse de 18%, notent les auteurs.

Aux Etats-Unis, Keytruda* est déjà homologué dans les cancers tête et cou avancés en 2e ligne.

(JCO, publication en ligne du 22 mars)

sl/ab/APMnews



samedi 22 avril 2017 - Copyright © APM-Santé - Tous droits réservés
 
Moins de risque de cancer colorectal et de décès lorsque les endoscopistes améliorent la qualité de leurs coloscopies

WASHINGTON, 21 avril 2017 (APMnews) - Le risque de cancer colorectal et de décès diminue lorsque les endoscopistes améliorent leur performance en coloscopie, montre une étude parue dans Gastroenterology.

La coloscopie est l'examen de référence pour l'exploration morphologique du côlon mais sa qualité reste variable, comme en témoigne l'un de ses principaux indicateurs: le taux de détection des adénomes (TDA).

Celui-ci, défini comme la proportion de coloscopies avec au moins un adénome identifié, est inversement corrélé au risque de développer un cancer avant la coloscopie suivante (cancer dit "de l'intervalle") et d'en décéder, comme Michal Kaminski de l'Institut d'oncologie de Varsovie et ses collègues l'ont montré en 2010.

Si des critères liés au patient (âge, sexe, poids, etc) expliquent une partie de la variabilité du TDA, il est aussi opérateur-dépendant. L'un des moyens envisagés pour baisser l'incidence des cancers de l'intervalle est donc d'améliorer la performance des opérateurs. Mais il restait à prouver qu'une telle amélioration avait bien un impact cliniquement significatif pour les patients. C'est ce qu'a vérifié la même équipe polonaise dans cette étude prospective.

Ils ont recueilli les données des patients ayant réalisé une coloscopie entre 2004 et 2008 dans le cadre d'une campagne nationale de dépistage du cancer colorectal en Pologne. Pour améliorer la performance des endoscopistes, l'équipe a utilisé le retour d'expérience annuel et des indicateurs de référence de qualité.

Au total, 146.890 coloscopies ont été réalisées par 294 endoscopistes. Au cours de la période d'inclusion, 219 endoscopistes (74,5%) ont vu leur TDA s'améliorer.

Au cours des 895.916 personnes-années de suivi dans le registre national polonais du cancer, l'équipe a identifié 168 cancers colorectaux de l'intervalle et 44 décès imputables à un cancer. La hausse du TDA était associée à une baisse significative du risque de cancer de l'intervalle, de 47%, et à une baisse du risque de décès par cancer colorectal de 50%.

===Baisse significative des cancers de l'intervalle

Par rapport à l'absence d'amélioration du TDA, le fait d'atteindre ou de maintenir un TDA dans le quintile le plus élevé (à savoir un taux supérieur à 24,6%) est associé à une baisse risque de développer un cancer de l'intervalle de 73% et une baisse de risque de décès de 82%.

En valeur absolue, cela correspond à abaisser le taux de cancers d'intervalle de 25,3 cas à 7,1 cas pour 100.000 patients-années (lorsque le cinquième quintile est atteint) ou 4,5 cas pour 100.000 patients-années (lorsqu'il était déjà atteint et est maintenu).

La part des endoscopistes présentant un TDA dans le plus faible quintile est ainsi passée de 30,7% en 2004 à 10,2% en 2008, tandis que la part de ceux présentant un TDA dans le quintile le plus élevé est passée de 8,1% à 31%.

Les auteurs soulignent qu'un TDA supérieur à 24,6% a suffi, dans cette étude, pour atteindre une baisse statistiquement significative du risque de cancer de l'intervalle. Ce taux correspond à la cible actuellement recommandée de 25%. Mais ils estiment que si un TDA supérieur était atteint, le risque de cancer de l'intervalle diminuerait encore, étant donnée la relation linéaire inverse qui semble exister entre les deux critères.

Pour rappel, le Dr Bernard Denis, président de l'Association pour le dépistage du cancer colorectal en Alsace (Adeca) et gastro-entérologue au CH de Colmar, envisage, lui, de fixer le TDA-cible en France à 45%.

Les chercheurs polonais concluent qu'il est temps d'améliorer la performance des endoscopistes, suggérant de combiner plusieurs approches: la formation, le retour d'expériences et l'évaluation. `

Une hausse du taux de complications peut être crainte en cas d'amélioration du TDA, admettent-ils, mais elle n'apparaît cependant pas dans leur étude. Le taux de perforation est resté stable et identique entre les endoscopistes ayant amélioré la qualité de leurs coloscopies et les autres.

Seule la crainte d'une hausse des coloscopies de surveillance post-résection d'adénome semble justifiée et reste à évaluer.

(Gastroenterology, publication en ligne du 17 avril 2017)

arg/fb/APMnews



samedi 22 avril 2017 - Copyright © APM-Santé - Tous droits réservés
 
Lymphome diffus à grandes cellules B: le lénalidomide en entretien prolonge la survie sans progression

WASHINGTON, 24 avril 2017 (APMnews) - Le lénalidomide (Revlimid*, Celgene) administré en entretien dans le traitement du lymphome diffus à grandes cellules B a prolongé la survie sans progression mais pas la survie globale, selon une étude de phase III publiée dans le Journal of Clinical Oncology (JCO).

Celgene avait annoncé en juillet 2016 que l'essai REMARC, promu par le groupe d'étude des lymphomes de l'adulte-recherche clinique (Gelarc), devenu Lysarc, avait atteint son objectif principal en montrant une amélioration de la survie sans progression, mais qu'en l'absence d'amélioration de la survie globale (critère secondaire), il ne prévoyait pas de demander une extension d'indication dans cette situation. Le laboratoire a d'autres essais en cours dans les lymphomes.

Le Pr Catherine Thieblemont de l'hôpital Saint-Louis à Paris (AP-HP) et ses collègues rapportent les résultats détaillés de cet essai qui a inclus 650 patients de 60 à 80 ans avec un lymphome diffus à grandes cellules B ou un autre lymphome à grandes cellules B agressif ayant répondu à un traitement d'induction de première ligne de 6 ou 8 cycles de chimiothérapie + rituximab (Mabthera*, Roche) (R-CHOP). Ils ont été randomisés entre le lénalidomide en maintenance (25 md/jour) ou un placebo pendant 21 jours sur 28 pendant 24 mois.

Avec un suivi médian de 39 mois après la randomisation (analyse faite en décembre 2015), la médiane de la survie sans progression n'était pas atteinte avec le lénalidomide, alors qu'elle s'établissait à 58,9 mois avec le placebo. Le risque de progression ou de décès était réduit de 29% avec l'ajout du lénalidomide en entretien.

Le taux de survie sans progression à 2 ans passait de 75% à 80% avec l'ajout du lénalidomide.

Cet essai est le premier essai de phase III randomisé à montrer qu'un immunomodulateur en entretien peut prolonger de manière statistiquement et cliniquement significative la survie sans progression avec un profil de toxicité "anticipé et gérable" chez des patients ayant répondu au traitement R-CHOP en induction, commentent les auteurs. Aucun des autres essais ayant évalué l'ajout d'un nouvel agent soit au traitement d'induction comme avec le bévacizumab (Avastin*, Roche), soit en entretien comme avec le rituximab, l'enzastaurine (Lilly) ou l'évérolimus (Afinitor*, Novartis), n'a obtenu un tel bénéfice, notent-ils.

Le bénéfice du lénalidomide a été observé dans tous les sous-groupes (sexe, indice pronostique international, âge inférieur à 70 ans ou pas) et il était de même ampleur que les patients aient eu une réponse complète ou partielle au traitement d'induction. Des réponses partielles sont même devenues complètes sous traitement d'entretien (33% versus 29%, sans différence).

Les effets secondaires de grade 3 ou 4 les plus fréquemment observés avec le lénalidomide étaient la neutropénie (56% vs 22%) et les réactions cutanées (5% vs 1%). Avec le lénalidomide, 72% des patients ont eu besoin d'au moins une réduction de dose contre 42% avec le placebo, et 36% vs 16% ont arrêté le traitement pour cause de toxicités. Le taux de seconds cancers primitifs était similaire.

Avec un suivi plus long (52 mois), la survie globale restait semblable dans les deux bras. Le taux de survie à 2 ans était de 87% avec le lénalidomide versus 89% avec le placebo.

"A ce stade de l'analyse, nous ne comprenons pas complètement l'absence de bénéfice sur la survie globale malgré les données positives de survie sans progression, en dehors du fait que ce n'est pas dû à un excès de toxicité dans le bras d'étude. Il est possible que cela soit lié à des évolutions différentes après progression ou à d'autres raisons encore inconnues", commentent les spécialistes.

(JCO, publication en ligne du 20 avril)

sl/vl/APMnews



lundi 24 avril 2017 - Copyright © APM-Santé - Tous droits réservés
 
L'ibrutinib actif dans les lymphomes de la zone marginale réfractaires/récidivants

WASHINGTON, 24 avril 2017 (APMnews) - L'inhibiteur de tyrosine kinase ibrutinib (Imbruvica*, Janssen/AbbVie) présente une efficacité dans le traitement des lymphomes de la zone marginale réfractaires ou récidivants ayant déjà eu un traitement incluant un anticorps anti-CD20, montre une étude non-randomisée internationale publiée dans Blood.

Dans les lymphomes, l'inhibiteur de la kinase de Bruton est actuellement indiqué en Europe dans les lymphomes à cellules du manteau. Il a par ailleurs donné des résultats intéressants dans un sous-type de lymphome diffus à grandes cellules B.

Des travaux ont suggéré l'implication de la kinase de Bruton dans les lymphomes de la zone marginale, sous-groupe représentant 10% des lymphomes mais qui sont peu inclus dans les études sur les lymphomes indolents, et pour lesquels on manque de traitements de deuxième ligne.

Ariela Noy du Memorial Sloan Kettering Cancer Center à New York et ses collègues ont conduit une étude chez 63 patients présentant ce type de lymphome, réfractaires ou récidivants, après en médiane 2 traitements dont un avec un anti-CD20.

Le taux de réponse s'est élevé à 48%, très majoritairement des réponses partielles. Si l'on ajoute les stabilisations, le taux de contrôle de la maladie atteignait 83%, avec une réduction du poids tumoral pour 78%, notent les auteurs.

La médiane de survie sans progression était de 14,2 mois et, à 19,4 mois de suivi médian, la durée médiane de réponse n'était pas encore atteinte. La survie médiane à 18 mois était estimée à 81%.

Des effets indésirables graves ont été observés chez 44% des patients, notamment des pneumonies de grade 3-4. Une réduction de dose a concerné 10% des patients et 17% ont dû arrêter le médicament.

Ainsi, "l'ibrutinib en monothérapie a induit des réponses durables avec un rapport bénéfice-risque favorable chez des patients ayant un lymphome de la zone marginale déjà traité", concluent les auteurs.

Cette indication a déjà été octroyée aux Etats-Unis.

Dans un éditorial, Paul Barr de l'université de Rochester note que les résultats obtenus sont proches de ceux observés avec d'autres molécules à l'étude. Il estime que le taux de réponse est moins bon que dans d'autres indications de l'ibrutinib et qu'il serait donc intéressant d'identifier un biomarqueur prédictif des chances de réponse.

(Blood, 20 avril, vol.129, n°16, p2224-2232 & 2207-2208)

fb/gb/APMnews



mardi 25 avril 2017 - Copyright © APM-Santé - Tous droits réservés
 
Après cancer: une probabilité moindre d'être parent, en particulier pour les hommes traités pendant leur enfance ou adolescence

WASHINGTON, 24 avril 2017 (APMnews) - Les personnes traitées pour un cancer pendant leur enfance ou leur adolescence gardent une probabilité moindre de devenir parent, en particulier pour les hommes, indique une étude suédoise publiée dans le Journal of Clinical Oncology (JCO).

Tous cancers confondus, la survie à 5 ans est de l'ordre de 80% pour les enfants et adolescents touchés par un cancer. Mais les traitements, même les plus récents, peuvent affecter leur fertilité une fois devenus adultes.

Le Dr Gabriela Armuand de l'université de Linköping (Suède) et ses collègues ont comparé les probabilités d'avoir un premier enfant vivant pour des adultes ayant eu un cancer pendant leur enfance ou leur adolescence par rapport à une population générale du même âge, en utilisant leurs registres nationaux rassemblant toutes les personnes nées à partir de 1973. Leur étude a concerné 1.206 personnes guéries d'un cancer et 2.412 contrôles du même âge.

Sur 654 hommes, 39% ont eu au moins un enfant vivant après le diagnostic. Le délai entre le diagnostic (retenu comme date de référence) et la première naissance était plus court en cas de cancer mais sans différence d'âge pour le père au moment de cette naissance.

Sur 552 femmes, 50% ont donné naissance à au moins un enfant. Les femmes qui avaient guéri d'un cancer pendant l'enfance (avant 14 ans) ou l'adolescence étaient plus jeunes lors de la naissance de leur premier enfant que celles sans cancer.

Globalement, la probabilité d'avoir un premier enfant vivant était moindre après un cancer, en particulier pour les hommes qui avaient une probabilité de 35% inférieure par rapport aux contrôles. Chez les femmes, la probabilité était diminuée de 21%.

Les femmes ayant eu un cancer pendant leur adolescence n'étaient pas pénalisées (peut-être grâce au possible recours à la cryoconservation des ovocytes depuis quelques années) mais celles qui en avaient eu un pendant l'enfance l'étaient (probabilité réduite de 53%, les tumeurs cérébrales étaient plus fréquentes dans ce groupe et elles sont de moins bon pronostic sur la fertilité).

Alors que pour les hommes, la situation était inverse: ceux diagnostiqués pendant l'adolescence avaient moins de chances d'être parents que ceux diagnostiqués pendant l'enfance (probabilité réduite de 44% et de 30%), ce qui est contraire aux résultats déjà publiés car les garçons non pubères ont peu de possibilités pour préserver leur fertilité (par rapport aux adolescents chez qui on peut proposer de conserver du sperme). La nature des cancers (plus de tumeurs mésothéliales ou des tissus mous chez les adolescents de cette étude) pourrait expliquer ce résultat.

La comparaison de deux périodes (avant 1988 et à partir de 1988) a montré que les chances augmentaient avec le temps pour les femmes (probabilité réduite de 29% avant 1988 mais de seulement 10% à partir de 1988) mais diminuaient pour les hommes (-28% et -41%).

Les cancers les plus pénalisants étaient ceux affectant le système nerveux central (SNC). La situation était plus favorable en cas de leucémie.

"Pour améliorer les possibilités de pouvoir fonder une famille plus tard, il est important de bien informer les jeunes patients ayant un diagnostic de cancer et/ou leurs parents sur le risque d'infertilité de manière à prendre les meilleures décisions", recommandent les auteurs.

(JCO, publication en ligne du 23 mars)

sl/gb/APMnews



mardi 25 avril 2017 - Copyright © APM-Santé - Tous droits réservés
 
Cancers: recours sans risque au cisplatine en cas de réactions au carboplatine ou à l'oxaliplatine

PARIS, 28 avril 2017 (APMnews) - Le cisplatine semble pourvoir être proposé à des patients présentant une sensibilisation au carboplatine ou à l'oxaliplatine dans un protocole de chimiothérapie anticancéreuse sans tests allergologiques préalables, suggère une étude présentée mercredi au Congrès francophone d'allergologie (CFA) à Paris.

L'incidence des réactions d'hypersensibilité immédiate aux sels de platine (cisplatine, carboplatine et oxaliplatine) augmente avec leur large utilisation en cancérologie. Les délais pour avoir les résultats aux tests diagnostiques sont longs (quelques semaines) pour les patients et peuvent constituer une perte de chance, a rappelé le Dr Justine Pasteur du CHU de Dijon lors d'une session orale.

Or la question de réactions croisées est encore débattue. Le carboplatine et l'oxaliplatine peuvent réagir, probablement parce qu'elles ont un motif chimique commun.

Le Dr Pasteur et ses collègues ont voulu déterminer si le cisplatine pouvait être utilisé sans test allergologique préalable en cas d'allergie immédiate au carboplatine ou à l'oxaliplatine afin de proposer une prise en charge simple et rapide.

Ils ont réalisé une étude rétrospective moncentrique sur les données recueillies entre septembre 2002 et avril 2016 auprès de 155 patients ayant présenté une réaction d'hypersensibilité immédiate à un sel de platine (27-82 ans, 103 femmes et 52 hommes).

Des intradermoréactions aux trois sels de platine ont été effectuées puis une réintroduction à dose d'emblée thérapeutique a ensuite été proposée en fonction du résultat des tests.

Les tests étaient positifs chez 97 des 155 patients avec le sel de platine suspecté. La fréquence de la sensibilité croisée entre carboplatine et oxaliplatine était "très élevée" (39%) alors qu'elle était "rare" entre le cisplatine et les deux autres sels (3%), deux avec le carboplatine et un avec l'oxiloplatine.

Les trois patients présentant une hypersensibilité croisée avec le cisplatine avaient tous déjà reçu ce sel de platine lors de précédentes chimiothérapies et lors de la chimiothérapie qu'ils recevaient au moment de l'étude.

Une réintroduction a été réalisée chez 28 qui avaient un test négatif, 16 avec le même sel de platine qu'ils recevaient lorsqu'une réaction est survenue et 12 avec un autre sel de platine; aucune réaction n'a été observée.

La réintroduction a été aussi réalisée chez 30 patients qui avaient un test positif: le cisplatine dans 24 cas, le carboplatine dans 2 cas et l'oxaliplatine dans 4 cas (dont une patiente avec une induction de tolérance). Aucune réaction n'a été observée non plus.

Cette étude montre sur une grande série de patients que l'hypersensibilité croisée entre carboplatine et oxaliplatine est élevée alors qu'elle est faible entre cisplatine et les deux autres sels de platine et même inexistante si le cisplatine n'a jamais été utilisé auparavant.

Les résultats suggèrent qu'il est possible de proposer le cisplatine après un accident anaphylactique au carboplatine ou à l'oxaliplatine, sans réaliser de tests allergiques, à condition que cette molécule n'ait jamais été utilisée auparavant et sous surveillance médicale rapproché, a conclu le Dr Pasteur.

Concernant l'efficacité du cisplatine, elle semble équivalente au carboplatine dans les cancers gynécologiques. En revanche, elle semble inférieure à l'oxaliplatine dans les cancers digestifs et, dans ce cas, "les oncologues nous demandent de réaliser des protocoles de désensibilisation".

ld/eh/APMnews



vendredi 28 avril 2017 - Copyright © APM-Santé - Tous droits réservés
 


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