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L?Institut de cancérologie de Lorraine (ICL) labellisé centre de référence "Grace"

L’Institut de cancérologie de Lorraine (ICL) a été labellisé centre de référence "Groupe de réhabilitation améliorée après chirurgie (Grace)" dans le domaine de la gynécologie le 12 juin. A ce jour, plus de 100 établissements ont reçu ce label, l’ICL étant le seul centre référent de Lorraine à proposer une réhabilitation améliorée après chirurgie gynécologique, assure-t-il dans un communiqué.
Les techniques de réhabilitation améliorée consistent notamment à réduire le stress chirurgical, ce qui diminue les complications post-opératoires et favorise une récupération plus rapide pour la personne opérée. La mise en place du parcours de réhabilitation améliorée en chirurgie gynécologique à l’ICL est la première étape d’un déploiement global de ces mesures à l’ensemble des spécialités chirurgicales de l’établissement: chirurgie digestive, ORL et urologique.
Communiqué de presse de l'Institut de cancérologie de Lorraine, 08.12.2017

 
Autisme: création de deux unités de FAM sans hébergement dans la Somme

Deux unités de foyer d’accueil médicalisé (FAM) sans hébergement pour la prise en charge d’adultes présentant des troubles du spectre autistique vont être créées dans la Somme. L’une, située à Amiens, est portée par l’établissement public intercommunal de santé sud-ouest Somme (Epissos). L’autre, située à Bray-sur-Somme, est portée par Autisme Picardie 80. L’agence régionale de santé (ARS) Hauts-de-France et le conseil départemental, qui avaient lancé l'appel à projets, consacreront chaque année près de 580.000 euros à leur financement.
Lettre d'information de l'ARS Hauts-de-France, 07.12.2017

 
Maladie de Hodgkin: les chances de guérison augmentées avec le brentuximab vedotin en première ligne

(Par François BOISSIER, envoyé spécial au congrès de l'ASH)
ATLANTA, 11 décembre 2017 (APMnews) - L'augmentation de la survie sans progression obtenue dans l'essai ECHELON-1 avec le brentuximab vedotin (Adcetris*, Takeda/Seattle Genetics) dans le traitement de première ligne de la maladie de Hodgkin permet d'espérer une augmentation des chances de guérison de ce lymphome, a souligné l'investigateur principal de cette étude lors de sa présentation au congrès de l'American Society of Hematology (ASH) à Atlanta.
Adcetris* est actuellement indiqué dans le lymphome hodgkinien CD30+ récidivant ou réfractaire après une greffe autologue de cellules souches ou au moins 2 traitements antérieurs, chez les patients à haut risque de rechute ou de progression, rappelle-t-on. La nouvelle étude s'attaquait au traitement de première ligne.
Le résultat principal de l'étude avait été annoncé par les laboratoires dès juin, rappelle-t-on (cf dépêche du 26/06/2017 à 15:25). Ce qui n'a pas empêché qu'en raison de son importance, l'étude soit présentée lors de la session plénière du congrès de l'ASH, et publiée simultanément en ligne dans le New England Journal of Medicine (NEJM).
Lors d'une présentation de l'étude en conférence de presse, la modératrice de la conférence de presse, Laurie Sehn de l'université de Vancouver, a souligné le fait que la chimiothérapie par l'association ABVD date de plus de 40 ans et il n'y avait pas eu de progrès depuis. De plus, elle présente une toxicité significative.
Joseph Connors, lui aussi de Vancouver où il dirige le British Columbia Cancer Agency Centre for Lymphoid Cancer, qui présentait l'étude, a rappelé que même si le traitement de cette maladie est une success story en raison d'une efficacité élevée, on compte tout de même environ 30% de patients réfractaires ou qui récidiveront.
L'étude ECHELON-1 montre qu'on peut "augmenter les chances que le patient soit guéri, dès le premier traitement", avec le brentuximab vedotin.
De plus, avec le nouveau traitement, on peut désormais se passer de la bléomycine, l'un des 4 anticancéreux inclus dans ABVD, responsable des toxicités les plus importantes de ce protocole et qui affecte la fertilité. Cela pourrait permettre de traiter plus de patients.
Dans cette phase III, 1.334 patients ont été randomisés entre ABVD et une association du brentuximab vedotin (anticorps anti-CD30 associé à une molécule agissant sur les microtubules cellulaires) et d'AVD.
Le critère principal de l'étude était une modification de la classique survie sans progression pour inclure, en plus, les cas où, malgré le traitement, les patients présentent toujours une masse tumorale nécessitant un nouveau traitement. Ces maladies résiduelles, même si elles ne progressent pas, constituent une forme d'échec du traitement si l'on considère la guérison comme objectif, a expliqué Joseph Connors.
A 2 ans, 82,1% des patients ayant reçu Adcetris* étaient vivants sans progression ou réponse incomplète, contre 77,2% avec le traitement standard. Ce risque était ainsi diminué de 23%.
Les décès, notamment, étaient diminués de 28%: 28 décès contre 39.
La proportion de patients nécessitant une chimiothérapie de sauvetage ou une greffe de cellules souches hématopoïétiques était diminuée de 33%.
Le traitement avec l'anti-CD30 conjugué était supérieur à ABVD dans la plupart des sous-groupes étudiés. Mais, même dans le sous-groupe de patients de 60 ans et plus, où il n'y avait pas d'efficacité supérieure, la moindre toxicité liée à l'absence de la bléomycine suggère qu'il aurait un intérêt chez les patients âgés.
Le traitement incluant le brentuximab vedotin a été associé à une augmentation du risque de neutropénie (58% contre 45%). Toutefois, les chercheurs ont noté que ce risque était nettement moins élevé quand les patients recevaient un facteur de croissance hématopoïétique en prophylaxie de cette complication. Ce qui conduit le chercheur de Vancouver à recommander le G-CSF systématique.
Concernant les effets indésirables, le risque de neuropathie périphérique a été plus élevé avec le brentuximab vedotin (67% contre 43%), mais les 2/3 ont disparu ensuite ou ont diminué progressivement. Et il y avait moins de pneumopathies interstitielles qu'avec ABVD.
(NEJM, publication en ligne du 10 décembre)
fb/vl/APMnews

 
Premières preuves chez l'enfant de l'efficacité d'un traitement spécifique de la drépanocytose

(Par François BOISSIER, envoyé spécial au congrès de l'ASH)
ATLANTA, 11 décembre 2017 (APMnews) - Le voxelotor (ex-GBT440, Global Blood Therapeutics), molécule développée spécifiquement pour traiter la drépanocytose qui a déjà montré un effet chez des patients adultes, semble aussi pouvoir être utilisée chez des enfants, selon des premiers résultats d'une étude présentée lundi, et dévoilée dès samedi lors d'une conférence de presse, au congrès de l'American Society of Hematology (ASH).
La drépanocytose est due à une mutation dans le gène de l'hémoglobine qui favorise la polymérisation de celle-ci, provoquant une déformation des globules rouges, ce qui crée une anémie, des crises vaso-occlusives et des atteintes des organes. Le voxelotor a pour objectif d'augmenter l'affinité de l'hémoglobine anormale pour l'oxygène car, dans ce cas, elle ne se polymérise plus.
Bien qu'il existe déjà un médicament utilisé dans la drépanocytose, l'hydroxyurée, "ce qui rend différent le voxelotor est qu'il a été conçu spécifiquement pour traiter la drépanocytose", contrairement à l'hydroxyurée, a souligné Carolyn Hoppe de l'hôpital des enfants d'Oakland (Californie). "Il cible le mécanisme fondamental de la maladie, la polymérisation de l'hémoglobine" et ce faisant "il élimine les conséquences délétères".
Dans l'étude qui avait été présentée il y a 2 ans à l'ASH, 22 patients adultes avaient été randomisés entre le voxelotor et un placebo. Les premières données avaient apporté la preuve du concept en montrant une diminution des globules rouges déformés et une réduction de l'anémie (cf dépêche du 10/12/2015 à 18:34).
L'étude présentée cette année élargit l'intérêt potentiel du produit en s'intéressant cette fois à des enfants et adolescents (6 à 17 ans). Après une première phase de sécurité où des patients n'ont reçu qu'une seule dose, dans une deuxième phase ils ont été traités par des doses multiples.
Les données sur 12 patients traités durant 16 semaines ont été présentées. Ils étaient presque tous déjà sous hydroxyurée.
Une augmentation de l'hémoglobine d'au moins 1 g/dl, signe d'amélioration, a été observée chez 55% des patients. Comme dans l'étude chez les adultes, les marqueurs d'hémolyse ont diminué.
Dix patients sur 12 ont présenté une diminution significative du score de symptômes (TSS) après 16 semaines de traitement, dont 5 qui n'avaient plus de symptômes, a souligné la chercheuse.
L'évaluation du flux sanguin cérébral par Doppler transcrânien a suggéré une amélioration chez quelques patients, laissant supposer que le risque cérébrovasculaire pourrait être diminué.
Le traitement a été bien toléré, avec des nausées chez 3 patients, céphalées chez 2 et rash (dont un de grade 3) chez 2.
Le voxelotor pourrait donc devenir le premier traitement de fond, modifiant l'évolution de la maladie, dans la drépanocytose, espère Carolyn Hoppe.
fb/eh/APMnews

 
Données préliminaires sur l'intérêt de la biopsie liquide pour prévoir le risque de récidive tardive de cancer du sein

SAN ANTONIO (Texas), 8 décembre 2017 (APMnews) - Des données préliminaires montrent que le dosage des cellules tumorales circulantes (CTC) pourrait permettre de prévoir le risque de récidive tardive de cancer du sein avec récepteurs hormonaux exprimés (HR+), selon des résultats présentés vendredi lors du San Antonio Breast Cancer Symposium (SABCS).
Malgré l'amélioration des traitements du cancer du sein, beaucoup de femmes subissent encore des récidives tardives, 5 ans ou plus après le diagnostic initial.
Les cancers HR+, qui représentent plus de la moitié des cas de cancers du sein, présentent un sur-risque de récidive tardive. Des biomarqueurs de récidives tardives pourraient aider à la décision thérapeutique, souligne le Dr Joseph Sparano directeur associé de l'Albert Einstein Cancer Center à New York, dans un communiqué diffusé par les organisateurs du congrès.
Il a présenté une analyse rétrospective d'un essai évaluant l'efficacité de l'ajout du bévacizumab (Avastin*, Roche) à une chimiothérapie adjuvante après chirurgie chez des patientes atteintes de cancer du sein de stade II-III HER2-.
Le dosage des CTC par Cellsearch* CTC (Menarini), a été conduit entre 4,5 ans et 7,5 ans après le diagnostic initial chez 546 participantes ne présentant pas signes cliniques de récidive.
Une récidive est survenue chez 4,5% des femmes HR+ et 0,5% de celles HR-.
Parmi les participantes, 4,8% avaient un test CTC positif : 5,1% parmi les HR+ et 4,3% parmi les HR-.
Après un suivi médian de 1,6 an, un résultat CTC positif était associé à un risque de récidive multiplié par 20 chez les patientes HR+. La valeur prédictive positive du test à 2 ans était de 30%, la valeur prédictive négative de 98% chez les femmes HR+.
"Nous ne nous attendions pas à ce que les patientes avec un CTC positif présentent un risque de récidive aussi important avec un recul aussi court", commente le Dr Sparano.
Selon lui, ces tests pourraient permettre d'identifier plus précisément les patientes qui pourraient tirer le plus de bénéfices d'une thérapie hormonale adjuvante prolongée ou d'autres options thérapeutiques. Toutefois, un suivi à plus long terme est nécessaire, a-t-il reconnu.
Chez les femmes HR-, un test positif n'était pas associé à un risque de récidive.
vib/ab/APMnews

 
La baisse de mortalité associée au dépistage du cancer du sein estimée à 0%-5% et le surdiagnostic à 52% aux Pays-Bas (correction)

(Revoici: bien lire dans le titre, dans le lead et au 11e paragraphe que le taux de surdiagnostic est de 52% et non de 59% comme indiqué dans l'article envoyé sous embargo à la presse)
LONDRES, 8 décembre 2017 (APMnews) - Aux Pays-Bas, le dépistage du cancer du sein par mammographie serait associé à une baisse de la mortalité comprise entre 0% et 5% et le surdiagnostic concernerait 52% des cancers dépistés, selon une étude rétrospective publiée mercredi dans The British Medical Journal (BMJ).
Le Pr Philippe Autier de l'Institut international de recherche sur la prévention à Lyon, premier auteur de cette étude, avait déjà mentionné ces travaux en novembre lors des journées de la Société française de sénologie et de pathologie mammaire (SFSPM), rappelle-t-on (cf dépêche dépêche du 10/11/2017 à 10:49).
Un programme organisé de dépistage du cancer du sein a été lancé aux Pays-Bas en 1988. Entre 1989 et 1996, les femmes de 50-69 ans étaient invitées à faire un dépistage par mammographie une fois tous les 2 ans et, à partir de 1997, les femmes de 70-75 ans ont été incluses dans ce programme.
Environ 80% des Néerlandaises ciblées participent au dépistage organisé.
Afin d'évaluer l'efficacité de cette stratégie de prévention, l'équipe a notamment cherché à déterminer l'évolution de l'incidence des cancers avancés entre 1989 et 2012 et celle de la mortalité par cancer du sein. Elle a également cherché à quantifier le surdiagnostic.
Les chercheurs ont constaté que l'incidence des cancers de stade II-IV était restée pratiquement stable entre 1989 et 2012, passant de 168 cas /100.000 à 166 cas/100.000.
Les auteurs en déduisent que le programme néerlandais de dépistage du cancer du sein a eu peu d'impact sur les cancers avancés, ce qui suggère qu'il a eu un impact marginal sur la mortalité. La réduction de l'incidence des cancers du sein avancés est le premier signe de l'efficacité intrinsèque du dépistage parce qu'elle est indépendante de l'amélioration des traitements, notent les auteurs.
Dans cette étude, les auteurs ont considéré les cancers de stades II à IV comme des cancers "avancés", note-t-on. Ils expliquent qu'une distinction similaire entre cancers de stades précoces et avancés est "commune" et a été utilisée notamment dans les essais d'évaluation des programmes de dépistage.
La mortalité par cancer du sein a quant à elle décliné de 38% entre 1989 et 2013.
Au cours de cette période, le dépistage aurait assuré une baisse de la mortalité par cancer du sein comprise entre 0% et 5%, alors que l'amélioration des traitements aurait permis une réduction de la mortalité de l'ordre de 28%.
En parallèle, le surdiagnostic n'a cessé d'augmenter, avec notamment l'extension du dépistage aux femmes de 70-75 ans et l'introduction de la mammographie digitale. Après déduction des cancers de l'intervalle, 32% des cancers ont été diagnostiqués via le dépistage organisé et le surdiagnostic atteindrait 52%.
Les chercheurs estiment que ce programme de dépistage par mammographie digitale a produit 10.038 surdiagnostics et permis d'éviter 640 décès ce qui correspond à une vie sauvée grâce au dépistage pour "16 femmes surdiagnostiquées" avec un carcinome canalaire in situ ou un cancer du sein de stade I.
Le surdiagnostic est particulièrement important chez les femmes de 70-75 ans.
Pour les auteurs, ces résultats confirment que les essais randomisés ont surestimé la capacité du dépistage par mammographie à réduire le risque de mortalité par cancer du sein.
Ils considèrent que l'étendue du surdiagnostic continue de progresser avec l'invitation de femmes plus âgées et le développement de technologies d'imagerie capables de détecter des tumeurs de plus en plus petites, "la plupart sans importance clinique connue".
(BMJ, publication en ligne du 6 décembre)
vib/ld/eh/APMnews

 
Haute-Garonne: six nouveaux échographes installés dans cinq sites de radiologie du groupe Occitanie-Garonne

SuperSonic Imagine, société spécialisée dans l’échographie, va installer six nouveaux échographes sur les cinq sites de radiologie du groupe Occitanie-Garonne, en Haute-Garonne. Il s’agit des services de la clinique Médipôle Garonne à Toulouse, de la clinique d’Occitanie à Muret, des centres de Radiologie de Rieux-Volvestre et de Muret, et du CH Comminges Pyrénées de Saint-Gaudens. Ils sont, entre autres, spécialisés dans la détection, la caractérisation de lésions musculo-tendineuses et mammaires ou encore dans le diagnostic des maladies abdominales. Ces échographes "Aixplorer Ultimate" leur apportent une aide au dépistage, une meilleure caractérisation des lésions, une aide à la biopsie, un suivi thérapeutique, et une évaluation des maladies chroniques du foie.
Communiqué de presse de SuperSonic Imagine, 07.12.2017

 
Un surrisque de cancer du sein associé aux contraceptifs hormonaux modernes

WASHINGTON, 8 décembre 2017 (APMnews) - Le risque de cancer du sein est augmenté de 20% chez les utilisatrices d'une contraception hormonale "moderne", selon une large étude danoise publiée dans le New England Journal of Medicine (NEJM) jeudi.
Cette étude ravive la controverse sur pilule et cancer du sein. Récemment, en réaction à la publication, en septembre, du livre "J'arrête la pilule" de Sabrina Debusquat, le Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF) a fait une analyse d'experts concernant les risques associés à la pilule contraceptive (cf dépêche du 21/09/2017 à 18:23).
Il y indiquait qu'une minorité d'études mettaient en évidence un "léger surrisque" de cancer du sein, "situé entre 1,2 et 1,6" (entre +20% et +60%), mais qui diminue après l'arrêt pour rejoindre le risque des non-utilisatrices.
L'association entre contraception hormonale et cancer du sein reste incertaine, et les précédentes études qui ont suggéré un surrisque de cancer du sein ont porté essentiellement sur les contraceptifs hormonaux de précédente génération, contenant des doses élevées d'estrogènes. En outre les études ont surtout porté sur des femmes un peu plus âgées.
Il existe peu de données avec les contraceptifs hormonaux "modernes", moins dosés en estrogènes et incluant, outre les pilules, le système intra-utérin libérant du lévonorgestrel, les implants, les patches et les anneaux contraceptifs, soulignent Lina Morch de l'université de Copenhague et ses collègues.
Ils ont réalisé une étude prospective de cohorte sur 1,8 million de femmes danoises de 15 à 49 ans entre 1995 et 2012, sans cancer ni thrombo-embolie veineuse à l'inclusion, suivies pendant 11 ans en moyenne, soit 19,6 millions de personnes-années. Au total, 11.517 cas de cancer sont survenus au sein de cette cohorte.
Par rapport aux femmes n'ayant jamais utilisé de contraception hormonale, le risque de cancer du sein était significativement augmenté de 20% chez les utilisatrices actuelles ou récentes.
Le surrisque augmentait avec la durée d'utilisation: de 9% pour 1 an de contraception hormonale il était à 38% pour plus de 10 ans d'utilisation.
Le surrisque persistait après l'arrêt de la contraception lorsque celle-ci avait été utilisée pendant au moins 5 ans. La persistance du risque pourrait être d'au moins 5 ans, suggèrent les résultats.
Les analyses de sous-groupes en fonction du type de molécule présente dans le contraceptif ont montré des résultats similaires quelle que soit la formulation, sans différence significative entre les préparations après ajustement. Le SIU au lévonorgestrel était associé à un risque augmenté de 21%, non significativement différent du risque associé aux contraceptifs oraux contenant uniquement du lévonorgestrel.
L'augmentation absolue du risque de cancer du sein reste toutefois faible, avec un risque de 13 pour 100.000 personnes-années, soit environ 1 cancer du sein supplémentaire pour 7.690 femmes utilisant une contraception hormonale pendant 1 an, indiquent les auteurs.
Dans un éditorial accompagnant l'article, David Hunter de l'université d'Oxford (Royaume-Uni) souligne que ces résultats confirment, avec les contraceptifs hormonaux modernes, ce qui avait été rapporté avec les contraceptifs hormonaux plus anciens.
Ces résultats contrastent avec ceux d'une étude des Centers for Disease Control and Prevention (CDC) publiés en 2002 dans le NEJM, qui ne montraient pas d'augmentation significative du risque de cancer souligne-t-il.
Mais les participantes incluses dans cette précédente étude avaient entre 35 et 64 ans et étaient donc davantage des anciennes utilisatrices de contraception hormonale. En examinant l'intervalle de confiance du risque de cancer du sein associé à l'utilisation de ces contraceptifs, la limite supérieure était à 1,3, "ce qui inclut largement le risque relatif de 1,20 dans l'étude présente", note-t-il.
Ainsi, selon lui, "le principal résultat de cette étude était attendu". Il souligne néanmoins que l'incidence du cancer du sein, et l'augmentation de ce risque associée aux contraceptifs, est plus faible chez les jeunes et augmente avec l'âge. Ainsi le risque absolu n'est que de 2 pour 100.000 chez les femmes de moins de 35 ans utilisatrices d'une contraception hormonale. "La plupart des cas survenus dans cette analyse concernent des femmes utilisant une contraception orale à la quarantaine", note-t-il.
Il rappelle en outre que le risque de cancer du sein doit être pesé au regard des bénéfices associés aux contraceptifs oraux: outre la contraception et les effets sur la dysménorrhée et les ménorragies, ils réduisent les risques ultérieurs de cancer de l'ovaire, de l'endomètre et colorectal. Des calculs ont suggéré que l'effet net d'une utilisation sur 5 ans de ces contraceptifs était une légère diminution du risque global de cancer, souligne-t-il.
L'excès de risque étant concentré chez les femmes de 40 ans et plus, il suggère d'envisager des méthodes de contraception alternatives pour ce groupe de femmes, comme les dispositifs intra-utérins non hormonaux.
Ces résultats montrent qu'il est nécessaire de poursuivre les recherches pour une contraception hormonale dénuée de risque de cancer du sein, conclut-il.
(NEJM, vol 377 n°23, p2228-2239 et 2276-2277)
cd/eh/APMnews

 
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